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mercredi 16 décembre 2009

Jour 55 : Dernières heures vietnamiennes

Ces dernières heures, nous les aurons passées à Ha Tien à 6 kilmomètres du Cambodge. Après 2 heures de bateau avec ENCORE des Vietnamiens qui se chicanaient et une qui pleurait en se lamentant sur son mal des transports (nous avons conclu), nous arrivons à bon port.

Nous avons encore loué une moto pour aller explorer les environs, mais il n'y avait pas grand chose à part des champs et des élevages de canards! Toutefois, notre but premier était d'aller faire faire notre visa camblodgien à la frontière pour éviter les 10$ de frais de service pour l'agence qui se les procure (illégalement) pour les touristes. Nous avons tenté, mais nous nous sommes faites revirer de bord solidement par le douanier vietnamien qui ne voulait pas qu'on y aille. Ok ok, pas besoin de hurler en vietnamien à un autre pauvre jeune homme qui nous traduisait le tout. Nous n'avons même pas insisté et il continuait à hurler en regardant le gars qui nous traduisait son radotage inutile car nous avions déjà abandonné. Bof! Nous n'avons tout de même pas fait appel aux services de l'agence de voyage en question qui est la seule de la ville.

(En passant, nous avons mangé à Ha Tien les meilleurs (et pas chers) plats de notre séjour au Vietnam. Nous mangions en trouvant ça si bon et le prix et les sourires ont rendu ça encore meilleur!)

Le lendemain matin, nous allons à la frontière à 6 heures du matin pour traverser au Cambodge et prendre un bus de là. Le douanier vietnamien est aussi bête que son collègue de la veille, il nous regarde à peine et prend une éternité à nous dire ok bye! Ensuite, nous marchons environ 200 mètres et arrivons à la frontière du Cambodge. Le responsable des visas n'y est pas. Il s'est sans doute levé en retard cette journée là. Nous attendons avec le gars à qui nous avons acheté notre billet de bus pour le trajet vers Phnom Penh (il est venu je ne sais trop pourquoi). Le douanier arrive et nous demande 25$ chacune au lieu de 20$. Amélie dit, mais non c'est 20$, mais le monsieur ne veut rien entendre. Elle lui donne juste 40$, mais le monsieur n'est pas content. Je suis fâchée et je dis que nous savons que ce n'est pas ce prix là, mais que comme nous ne pouvons rien faire! Ensuite, il nous envoie au bureau de la ''santé'' où le gars veut voir notre carnet de santé (!?! aucune information le mentionne, aucun guide, aucune agence de voyage, aucune ambassade, aucun voyageur qui a fait le trajet, bref n'importe quoi). Heureusement, j'avais une photocopie (dans le fond de mon gros sac (!!) que j'ai sorti, qu'il a à peine regardé quand je lui ai dis qu'il n'avait pas besoin de demander ça (AHAH!).

Juste après, le gars des visas me fait signe de venir vers lui. J'y vais et il me demande si nous sommes venues seules ou avec le guide. Je lui dis que nous sommes seules, mais que le gars vient pour nous montrer quel autobus prendre car personne ne parle anglais. Il fait un sourire et me redonne 10$. En revoyant la scène dans nos têtes, nous croyons que c'est le gars qui a dit au douanier de nous faire payer plus parce qu'il était fâché la veille qu'on ne prenne pas le visa avec lui. Ark.

Ensuite, autre bureau pour faire étamper nos visas par un autre gars siiiiiiiii lent que j'ai failli m'endormir (:P). Ils n'ont jamais regardé nos bagages, bref, on pourrait facilement faire un trafic de drogue!

Ce qui m'a marqué au Vietnam en GROS points (sans ordre):

-À quel point les gens ne parlent pas anglais, et au lieu d'essayer de comprendre, il disent qu'ils ne comprennent pas. (exemple : en ville, nous pointons sur une carte où nous allons et ensuite nous pointons l'affiche des numéros de bus et personne ne nous pointe quel bus prendre!... parce qu'ils ne comprennent pas.)
-Les bicyclettes trop grandes pour les enfants (mais VRAIMENT trop grandes)
-Qu'il y a énormément de fumeurs
-Les enfants qui considèrent tous les Vietnamiens comme leurs parents ou amis et tous les Vietnamiens qui considèrent les enfants des autres comme les leurs.
-Que plein de monde tiennent un parapluie en faisant du vélo
-À quel point les gens ne regardent pas où ils vont
-Texter en roulant dans un trafic indescriptible : c'est mal, mais ça se fait!
-Heure de pointe à Saigon = plus personne ne bouge (trottoirs compris)
-Les dents noires des montagnardes
-L'admiration pour la peau blanche
-Le fait que les Vietnamiens s'engueulent très souvent entre eux! Qu'ils serrent les dents, se crispent et deviennent rouges.
-La joie de vivre des enfants
-Les chemins de terre et la poussière
-Les marchés flottants tôt le matin
-À deux sur un vélo = 2 pédaleurs
-Les sièges à bébés entre le volant et le siège du conducteur (sur les motos et scooters)
-Les enfants debout sur les sièges de motos
-Les 6 membres de la famille sur une moto
-Notre passage dans une zone interdite lors de notre trek à moto (et Hop qui se fait arrêter par la police à cause de ça, alors que nous filons, mine de rien)
-Les cyclistes qui s'assoient sur le morceau de métal de la roue arrière du vélo au lieu du banc (!?!)
-Les dames dans le nord qui ont un genre de coûteau à herbe d'accroché sur un support en bois dans le dos.
-Les vêtements traditionnels des femmes montagnardes
-La noirceur des maisons Tay
-La paysanne et son mari dans la campagne profonde près de Green Vietnam, trop charmante, qui. nous a offert des bananes et qui tenait à son reparte avec une douzaine!! (et dont j'ai perdu l'adresse et à qui je ne pourrai pas envoyer de photo... je m'en veux tellement, c'est fou)
-Les parents qui font faire leurs besoins à leurs jeunes enfants en plein milieu de la rue.
-Les toilettes pour femmes sans cabines (que des trous un à côté des autres)
-Les offrandes religieuses de faux billets d'argent et de chocopie (genre de maywest)
-Les clips de musique tellement quétaines!
-Les pancartes socialistes
-La gras dans la cuisine
-Le Vietnam semble être un pays en construction. Tout est en construction, tout est chantier!
-Les prix très bas de la nourriture malgré l'augmentation fulgurante (disent les Vietnamiens) des prix dans les 2 dernières années (Max t'es allé juste à temps :P)
-Les arbres fruitiers et toute la verdure dans le Delta du Mekong
-Les femmes qui travaillent dur et les hommes qui regardent (trop souvent)
-L'odeur immonde du durian
-La gentillesse des habitants de Phu Quoc
-Les femmes qui se font arracher les cheveux blancs à la pince dans la rue (on penserait aux poux, mais non, ce sont les cheveux blancs)
-La marche du matin (4h30) à Nha Trang (on ne parle pas de quelques individus! Ça fourmille! (Ça égale les cours de gym d'écoles secondaires indonésiennes à Yogyakarta à 5h... du matin toujours!)
Byebye Vietnam!

Jour 52-53-54 : L'île (paradisiaque) de Phu Quoc

Les gens en parle comme L'île, LE petit paradis ... qui n'en sera plus un bien trop vite à cause des développements qui visent à en faire une destination de choix pour des clients internationaux. Une homme que nous y avons rencontré qui y va tous les ans depuis 7 ans nous le confirme. Ce n'est plus ce que c'était, mais ça l'est encore... En fait, il croit que l'île changera drastiquement dans les deux prochaines années. Des routes de terres sont en train d'être remplacées par des routes d'asphalte, des resorts se font construire, les habitants (ils ne sont que 93 000) se tournent vers le tourisme.

Bref, ce n'est qu'une question de temps... Mais en attendant, nous les avons emprunté ses routes de terres (en scooter), nous sommes revenues avec la face orange et un mal de fesses, nous nous sommes ramassées dans des petits villages à traverser des ponts en bois qui menacent de s'écrouler et qui font un bruit d'enfer, nous nous sommes rendues sur des plages éloignées où personne ne va encore car la route est trop mauvaise. Bref, nous avons été voir! Nous avons exploré le nord ouest (l'est étant une forêt) et le sud est (l'ouest étant une plantation de palmier... que nous avons tout de même apperçu de loin!).

Ce qui nous a le plus marqué de cette île, c'est la gentillesse, la douceur dans la voix et la non insistance de ses habitants. Tu leur dis non merci et c'est fini, pas besoin de le dire 1000 fois ou de les ignorer. Non, du premier coup c'est compris et accepté avec un sourire. WOW et RE WOW! (Bon, on ne peut pas passer sous silence les paysages magnifiques, les villages éloignés pauvres, mais colorés qui vivent encore très sommairement, les couchers de soleil, les palmier, etc... donc je les mentionne!)

En plus c'est beau! Les plages, les arbres, les villages. On voit que c'est pauvre (les maisons en taules sur le bord de l'eau), les déchets, les ponts chambralants, les vêtements, etc., mais les gens nous le font oublier par leur enthousiasme! Eux, contrairement aux citadins, ils comprennent nos mimes et nous questions! Ils nous montrent le chemin lorsque nous sommes perdus. Ils nous tendent la main au lieu de faire faire comme s'il ne comprenaient rien. Joie.

Nous habitions encore une fois dans une maison convertie en hôtel et notre chambre se trouvait au premier étage avec celles de la famille (nous croyons même qu'on nous a donné la chambre d'un membre de la famille... mais nous ne le saurons jamais, ils ne parlaient pas anglais). Pour sortir, nous devions passer par la cuisine ou papi était toujours bien habillé et mamie toujours en pyjama à parler seule ou à se faire chicaner parce qu'elle faisait je ne sais trop quoi!

Évidement, nous avons consacré une journée à la plage!! (bien que des baignades impromptues aient eu lieu lors de nos excursion en moto... d'ailleurs, sur NOTRE plage (si je peux dire ça comme ça) il y avait des trucs qui piqaient dans l'eau... pas agréable, alors vive les plages plus désertes à l'eau calme et pas plein de trucs (inconnus) qui piquent.
C'était relaxant, très relaxant, le bruit des vagues, le soleil, un bon livre, des jus de fruits. Génial. Mais une journée ou deux ça va! Je dis ça va car il y a tellement de choses à faire et à voir au Vietnam, tellement de gens à rencontrer, tellement de coins à découvrir et tellement de paysages à aller voir que je n'aurais pu penser (malgré la beauté incroyable de l'endroit) y rester plus de trois jours. Plusieurs diront que nous sommes folles en voyant les photos, mais pour moi le voyage, c'est la rencontre de l'autre, aller vers l'inconnu, vivre des expériences uniques et apprendre... Non pas faire de la plage avec d'autres touristes (quoiqu'il y en a moins qu'ailleurs à Phu Quoc et qu'il est possible de trouver des plages désertes, ce qui rend la place encore plus charmante). Bref ça dépend de ce qu'on recherche dans ledit voyage et moi, je me réserve cette semaine de relaxation à la plage pour la Thaïlande, avec des amis et des tonnes de possibilités de plongée à bas prix! Vive Gen Hannah et MylMyl qui arrivent.... dans 2 mois!
Tout de même : petit paradis terrestre (où des expatriés indiens font de l'excellente nourriture :D)

Donc, visa oblige, nous quittons pour le port de Ha Tien ou nous traverserons la frontière non pas sans (mini) péripéties.

Jour 50-51 : Le Delta du Mekong ou comment j'imaginais le Vietnam!!

Région la plus populeuse du Vietnam, mais plus rurale qu'urbaine. La grande majorité des gens vivent de l'agriculture.

La façon de visiter le delta, c'est avec des tours organisés. Pour quelques dollars, ils te font faire le tour des endroits les plus intéressants (selon eux). Sinon, il y a le bus, mais tu dois être capable de faire comprendre à quelqu'un (n'importe qui) où tu veux aller et comment faire pour t'y rendre. Ah oui, la moto, mais bon, nous n'en avons plus et nous ne voulons pas revenir vers Saigon, mais plutôt continuer notre route vers l'île de Phu Quoc, donc pas de location.

Comment faire ? S'arrêter d'agence en agence pour voir s'il n'y en a pas une qui va nous offrir un tour moins classique. Malgré mes ''oh, I don't like big groups... I would like to see the real life in the delta'' rien n'y fait jusqu'à ce que : Quang (notre guide aux tunnels de Cuchi avec qui nous avons tant ris) réfléchisse et nous offre une alternative. C'est sûr que c'est plus cher parce qu'il faut un guide privé. Bon d'accord, mais Amélie veut que ce soit TOI notre guide. Oh my god! Oh my god! Il fallait qu'il appelle sa patronne pour lui demander 2 journées ''off'' qui lui permettraient de venir avec nous. Il était gênée de l'appeler, mais il nous a dit avoir envie d'aller avec nous car il nous aimait bien. Mais au nombre Oh my god qu'il a dit, nous nous doutions bien que ça créait un stresse. Pas grave, il le fait et quelle joie quand ladite patronne a dit oui!

Hop, dès le lendemain, 8h, nous partions vers la station de bus qui nous amènerait à Tra On un village du Delta. Je ne voulais pas de blancs ? Et bien il n'y en avait pas! À bord d'un petit bus, nous quittons Saigon dans le trafic (quoi de neuf ?).

Direction : Tra On

Tra On est un petit village du Delta où les touristes ne vont pas. En fait, les agences de tourismes ont tenté d'y envoyer des clients étant donné la beauté de l'endroit, mais les familles ont refusé d'apporter les modifications à leurs maisons qui étaient demandées. Résultat, personne (ou presque!) n'y va.

Nous y avons découvert un monde différent de celui des montagnes du nord. Les gens sont tout aussi gentils, mais leur manière de vivre n'est pas la même (on s'en doute!) Leur maison de bois ne sont pas sur pilotis, les cuisines sont à part des maisons et les fours sont en terre cuite avec une forme qui permet de les mettre dans des bateaux. Ils vivent de pêche et d'agriculture, ils cultivent beaucoup le riz et sont reconnus comme produisant la meilleure sauce au poisson du Vietnam. Le long des canaux se succèdent les villages avec une grande ville de temps en temps. Tout est relié par bateau ou avec des petits ponts en bois qui n'ont pas l'air très solides... quoique les bateaux non plus!

Pour se rendre à la maison de nos hôtes dont je ne saurais écrire le nom, (pour moi, ce ne sont que des sons!) nous avons du marcher car l'eau des canaux était trop basse pour qu'une barque nous amène directement à la maison (le matin, l'eau est haute, nous avons donc pu naviguer dans des petites rivières entourées de vert dès le lendemain).

La maison était si mignonne! Le toit, fait en feuille de palmier, fonctionne de la même façon que les entrées des tunnels de Cuchi (dont j'ai parlé plus tôt) durant la mousson. Il y avait un grand jardin de chou devant et des bassins d'eau (brune opaque) où ils faisait de l'élevage de poisson. Étant donné les quantité d'eau qu'il y a dans le coin, on ne s'étonne pas, ils mangent beaucoup de fruits de mer.

Nous avons fait une promenade à bibyclette dans le village. La route était cahoteuse, il était donc un peu difficile de pédaler, mais nous nous en sommes sorties. (par contre, détail peut-être pas pertinent, mais je le dis quand même : je me suis fait des ampoules sur les fesses. Une sur chaque. Grosse en plus. Amélie a beaucoup rit de moi. Qui peut bien se faire des ampoules là à part moi ?) À travers les mini routes dont les bords regorgent d'arbres, de fruits et de jeunes enfants enjoués, nous avons roulé. Arbres à fruits : pomelo, jack fruit, dragon fruit, mangoosteen, ananas, papaye, etc. nous entouraient. C'était si beau, si sucré, comme ce que certains doivent associé au paradis.

Nous sommes arrêtées chez une dame pour aller dans la forêt cueillir un pomelo et y rencontrer des enfants gênés mais amusés de nous y voir. Une ''cueilleuse'' de papaye nous en a offert de sa récolte. N'oublions pas que tout se passe en gestes et en mimes, que rien n'est dit, mais que tout le monde apprécie l'expérience... jusqu'à ce que Quan finisse pas traduire et que l'échange passe à un niveau supérieur et moins superficiel ahah!

GÉNIAL.

De retour à la maison, nous avons joué avec notre ''plume'' et des voisins jusqu'à ce qu'il fasse noir... Plume sur un ressort qu'on se lance et qu'on frappe de la manière qu'on préfère (surtout les pieds) vers les autres joueurs. But : ne pas l'échapper!

Ensuite, moment tendre avec le bébé de la famille qui n'avait plus peur de nous étrangères et qui se laissait prendre et trimbaler d'une bord à l'autre. Un autre petit voisin (environ 6 ans) s'est pointé chez nous pour nous! Je lui ai serré la main, il était trop heureux! Le lendemain, laissez-moi vous dire qu'il était fidèle au poste des bye bye!

Le soir, un guitariste et sa femme chanteuse qui habitent dans le village sont venus chanter avec nous. (Je dis avec nous car nous avons chanté autant qu'eux... ils y tenaient!). Au son de sa guitare les voix se faisaient aller dans la douceur de la nuit. Il ne faisait pas trop chaud, mais il y avait beaucoup de moustiques (oui maman, je prends ma malarone et je mets du chasse-moustique).

Nous avons super bien dormi dans le silence de la campagne (sans coq dans le coin!) Le matin, en sortant de nos moustiquaires, nous nous sommes rendues compte qu'il faisait frais. Pas froid. Agréable. À bord d'un petit bateau, Quan nous a amené au marché flottant de la région. C'est là que je suis tombée nez à nez avec le Vietnam de mon imaginaire. De l'eau, des bateaux, des tonnes de fruits et de chapeauz pointus.

Certains marchands vivent sur leur bateau, d'autres viennent seulement le temps de vendre leurs produits. Plusieurs enfants travaillent dans ces marchés. Ce serait un endroit où beaucoup de jeunes quittent l'école après le primaire pour venir aider leurs parents. C'est un véritable petit village flottant avec des montagnes de choses à manger. Alors que certains vendent de tout (leurs produits sont ''affichés'' sur une canne à pêche (un exemplaire de chaque truc disponible est accroché après), d'autres sont spécialisés et ont des MONTAGNES de ce qu'ils vendent qui les enterrent. Les gens achètent, s'échangent, se parlent, c'est beau, c'est différent et c'est charmant.

Le bateau qui nous amenait ensuite à la grande ville de Can Tho a un moteur qui a explosé pendant le trajet, nous avons donc été ramenés par un autre bateau qui a remorqué son frère décédé. À bord du bateau, nous nous sommes beaucoup fait observer et nous nous sommes fait offrir des fils à marier. Alors que je riais, Amélie a poliement refusé!

Le marché de Can Tho était beaucoup plus grand car c'est un grand centre. En fait, il était plus grand en ce sens qu'il y avait plus de bateau et de marchands, mais ils étaient si collés qu'on aurait dit qu'ils étaient moins. Même principe, mais en plus gros et moins personnel je dirais. Nous avons acheté des dragon fruits et comtinué à prendre des tonnes de photos. D'un marché à l'autre ça ne change pas, les gens nous envoient la main. Toutefois, au marché de Tra On, les gens semblent plus subjugués par notre présence ce qui crée un sourire encore plus senti (je crois) que ceux des marchands de Can Tho qui sont habitués de voir des touristes. Peut-être que c'est dans ma tête, mais c'est ce que j'ai perçu.

Bref, insertion très courte dans la vie du delta, mais oh combien enrichissante et touchante! C'est tellement plus beau quand c'est ''vrai'', mais tellement plus difficile à trouver aujourd'hui, le tourisme prenant de plus en plus de place et faisant vivre de plus en plus de gens. Des fois, on dirait que certains oublient ce qu'ils étaient pour devenir ce que le touriste veut qu'il soit. Bou.

Direction Rach Gia pour passer la fin de journée et ensuite prendre le bateau pour l'île de Phu Quoc.
Rien à dire vraiment à part que les touristes y passent sans y rester, alors les hôtels sont êtremement bons marchés et les gens très doux. Nous avons souper sous la pluie dans un resto de rue où le serveur-cuisiner-homme à tout faire était trop sympathique et marmonait quelques mots d'anglais. Avec nos quelques mots vietnamiens, l'échange fut court, mais efficace et plaisant!

Comme dans la plupart des hôtels, une famille habite au premier étage. Le bonjour que j'ai lancé en vietnamien à la mamie de la famille n'est pas passé inaperçu... les sourires qu'elle me faisait après en croisant mon regard me l'ont prouvé! Oh que j'aime ça!

vendredi 11 décembre 2009

Jour 46 : Train vers Ho Chi Minh City (Feu Saigon)

Nous avons décidé de prendre un train de jour après avoir essayé le train de nuit, le bus de jour et le bus de nuit! C'est tout ce qui manquait! C'est fait. Nous voilà assises dans un train brun à l'ambiance brune. Je dis ça parce qu'il y avait du monde partout, des fumeurs, des mangeurs, des ronfleurs, des ricaneurs... Mélange d'odeurs, d'images et de sons. C'était chouette!

L'arrivée à Saigon (je l'appelerai comme ça parce que tous les Vietnamiens l'appellent ainsi malgré le changement de nom qui date des années 70) est plutôt spectaculaire. À chaque endroit où le train croise une rue, il y a des centaines de motos qui attendent de pouvoir traverser. Nous avions entendu parler de la quantité phénoménale de bicyclettes, motos et scooters, mais là, nous la voyions! Entre ces intersections, les maisons en taules, des vêtements qui sèchent, des gens qui jouent au échecs chinois, d'autres qui fument leur cigarette, des enfants qui crient... beaucoup de déchets, de saletés, des murs qui donnent l'impression de s'écrouler lentement, des grillages, etc. Nous sommes sans doute passées par des quartiers pauvres, du moins c'est l'image que ça donnait.

En arrivant, nous avons marché les quelques kilomètres qui nous séparaient du quartiers des ''routards'', c'est-à-dire des hôtels bon marché. Ça nous a pris énormément de temps s'y rendre. Non pas parce que nous étions perdues, mais bien parce que le trafic bloquait toutes les rues. On ne parle pas d'un gros trafic, mais d'un INCROYABLE trafic. Plus personne ne bouge, faire moins d'un kilomètre peut prendre 45 minutes, les motos sont si entassées qu'il est pratiquement impossible de passer entre celles-ci, c'est la même chose sur les trottoirs : que faire ? Rire. C'était si irréel, que c'était drôle. Les gens riaient de nous qui rions. Chacun essayait de tourner sa roue avant pour nous permettre de nous frayer un chemin. Nous y sommes arrivées, mais ça a été très long.

Ce soir là, nous avons rencontré un Irlandais hyperactif, amoureux du Vietnam et qui y était venu déjà plusieurs fois. Il nous conseil sur la fin de notre itinéraire. Ce fut très apprécié!

Jour 47-48-49 : Saigon

Durant les jours qui ont suivi, Carl (le copain de mon amie Geneviève) et Laurent (le meilleur ami dudit copain) sont arrivés en ville à intervalle de deux jours (le deuxième s'étant amouraché d'une Australienne au Cambodge). Nous nous sommes promenés dans différents quartiers, nous avons été au musée de la guerre, à la poste, boire des bières, etc. Pas grand chose en fait, juste la vie de ville.

Une chose que nous avons faite avant leur arrivée : les tunnels de Cuchi. Ils sont très fameux ces tunnels creusés par les Viet Congs pendant la guerre contre les Américains. C'est très impressionnant et notre guide était vraiment excellent.

En gros :

Les Viet Congs, qui étaient alliés avec les Vietnamiens du nord contre le gouvernement de Saigon et les Américains, se sont creusés 250km de tunnels souterrains (qui allait de Saigon au Cambodge et dont une grande partie se trouvait dans la région de Cuchi) pour pouvoir faire la guerre en restant cachés. Leur stratégie a si bien fonctionné que ça a pris quelques années avant qu'ils soient découverts (suite à la torture de prisonniers). Ce système de tunnels était très élaboré. Il y avait 3 étages, le plus bas se trouvant à 10 mètres sous terre avec un système de ventilation en bambou, très bien camoufflé à la surface de la terre, ce qui empêchait les ennemis de les trouver. (Il faut dire aussi qu'ils étaient en pleine jungle). Les entrées étaient tout aussi bien camoufflées et étaient si petites que seuls les mini Viet Congs (mini dans le sens de très maigres puisqu'ils ne se nourissaient pratiquement que de tapioca (très bon, nous avons goûté) et de quelques fruits) pouvaient y rentrer. Une fois rentrés, ils rempaient ou marchaient en petit bonhomme. Les tunnels étaient construits en zigzags et en collines au cas où un ennemis réussisse à y pénétrer! Ça lui compliquerait la tache pour tirer du fusil!
Les entrées étaient identifiables grâce à des indices très bien cachés. Même pendant la mousson ils n'y avait pas de danger pour une inondation puisque les ''fermetures'' d'entrées étaient faites en feuilles de palmiers qui grossissent et deviennent imperméables lorsqu'elles sont mouillées. En plus, il y avait un système pour évacuer la fumée de la cuisine et la faire passer pour la brume du matin! (Donc toute cuisson se faisait avant 7 heures le matin).

Un peu partout dans la jungle, ils avaient installé des trappes meurtrières dans lesquelles tombaient les victimes pour se faire transpercer ou écraser par des systèmes élaborés avec des morceaux de bambous (ça a l'air de rien, mais c'était vraiment efficace). En plus, les Viet Congs réutilisaient les bombes que lançaient les ''méchants'' pour se faire leur propres armes.

Bref, ils étaient si bien organisés que pendant quelques années, les Américains ne comprenaient pas comment il était possible qu'il n'y ait personne puis soudainement, la nuit tombée, des soldats se fassent tuer et qu'il n'y ait aucune trace de meurtrier. Wouuuuuu!

La plupart des guerriers Viet Congs les plus meurtriers étaient des adolescents dont les familles entières avaient été tuées. Ils travaillent nuit et jour à constuire et enterrer des obus, à installer des pièges, etc. Un général américain aurait même dit d'un d'entre eux que s'il avait été ''on the good side'' il lui aurait décerné un prix d'honneur puisqu'à lui seul il avait été capable (pendant une heure complète) d'empêcher des dizaines de soldats ennemis d'avancer .

Bref, cette organisation leur a permis de rester introuvables très longtemps. Toutefois, lorsque les tunnels ont été découverts à cause de la torture de prisonniers, les Américains on lourdement bombardé toute la région (encore plus que ce qu'ils avaient déjà fait), ce qui en a détruit une grande partie. Au début de la guerre, ils étaient 16 000 à habiter ces tunnels, mais à la fin, ils n'étaient plus que 4 000.

Nous avons pu aller dans un tunnel (qui a été doublé de taille pour les visiteurs étrangers). Avant c'était un trou ridiculement petit dans lequel je ne rentrerai même pas. Même agrandit, il fait chaud, humide, noir, bref je sais que l'instinct de survie est plus fort que tout, mais y vivre pendant des années ? Chapeau.

Musée de la guerre.

C'est là que l'on voit, grâce au travail des journalistes et photographes, que cette guerre a été violente, chimique et barbare. Des centaines de photos, de témoignages (Vietnamiens et Américains, victimes et bourreaux) nous sont exposés. J'ai eu le goût de pleurer tout le long. Beaucoup de journalistes et de photographes font partie des victimes, certains d'entre eux se sont même mis à combattre. Intense.

Côté chimique, le Vietnam semble avoir été un laboratoire pour les Américains. Ils ont détruit toutes les ressources naturelles du pays, il n'y avait pratiquement plus de quoi manger. Les villages, même les plus petits étaient pillés et brûlés. Les habitants étaient tués violamment, coupés en morceaux, battus à mort. Selon les témoignages d'anciens combattants, les soldats américains étaient simplement devenus fous, alors que d'autres (déjà fous je dirais) laissaient sortir une violence incroyable. Ils tuaient pour tuer car l'ordre était de tous les éliminer. La torture était atroce. On parle de couper une jambe par petit morceau (même d'enfants de 10 ans) pour les faire parler. Un s'est fait couper jusqu'aux deux hanches et il n'a jamais rien dis. Coucher les gens sur des tables, la tête plus basse que les pieds et leur faire couler de l'eau savonneuse dans les poumons par le nez, les brûler, les défigurer, tout ce que vous voudrez. Atroce. Souvent c'était dans les prisons, sinon directement dans les villages. Gratuitement.
Il y a même un témoignage d'un soldat américain qui dit qu'alors qu'il se promenait dans une campagne avec un de ses compagnons, deux petits garçons d'environ 6 et 8 ans sont sortis d'un champs de maïs pour marcher sur le chemin. Ledit compagnon, a tiré sur le plus vieux qui s'est laissé tombé sur le plus petit, comme pour le protéger. Le soldat s'est tout de même approché des deux pour les tuer. Ils ne faisaient que marcher.

C'était vraiment tuer pour tuer et essayer des produits chimiques illégaux et grosse quantité. (De nombreux enfants de Vietnamiens et de soldats américains sont né difformes à cause de ça)

Bref, de la barbarie gratuite à l'état pur. Triste et fâchant. Le plus beau là-dedans, c'est que les Vietnamiens ne semblent même plus en vouloir aux Américains. Du moins c'est ce que disent plusieurs d'entre eux. Toutefois, ça reste dans la mémoire collective et tous les enfants des campagnes pensent que tous les blancs sont des Américains. Leurs parents leur ayant sûrement parlé souvent des ''blancs'', c'est l'association automatique qu'ils font. Même les jeunes adultes. Ça ne les empêche pourtant pas de se précipiter sur le bord de la route pour nous envoyer la main, nous saluer et nous faires de superbes sourires.

Saigon... Revenons à Saigon. C'est une grande ville avec ses quartiers, ses centres d'achats, ses marchés. Beaucoup de gens, de véhicules, de poussière et de déchets. Beaucoup de restaurants, de stands de rue, de parcs et d'endroits moins bruyants.

Ça reste le chaos... chaos dans lequel le copain de mon amie se lancera en moto malgré les commentaires des gens rencontrés dans un bar un certain soir qui lui disaient qu'il était fou! Je ne sais pas pourquoi, mais on dirait que ça rend la chose encore plus intéressante qu'elle ne l'est déjà! Je suis certaine que tout ira bien!

Jour 42-43-44-45 : Hué, Hoi An et Na Trang en mode marathon!

Hué

À Hué nous avons perdu nos retraités flyés dans le brouhaha de sortie de train! Nous sommes arrivées à notre hôtel (qui était vraiment très beau et pas cher) à 8h le matin! Quoi de mieux que de commencer très tôt une journée bien remplie ?

Direction la citadelle (Kinh Thanh) qui était une citée impériale sur la rive de la ''Perfume river'' (ou rivière parfum (!?!)). Elle a commencé à être construite par l'empereur Gia Long en 1804. Il en reste peu puisqu'elle a été bombardée par les Américains, mais ce qui reste démontre bien la richesse et l'ampleur qu'elle devait avoir. À l'intérieur de cette citée, il y avait la citadelle impériale où vivait l'Empereur et sa famille. Rouge et doré. (Image parfaite de ce qu'on associe à l'oriental)

C'était intéressant, mais il n'y avait pas beaucoup d'information de disponible sur place et nous avons préféré notre marche aux alentours (dans la citadelle). Des gens y habitent encore, il y a deux lacs presqu'asséchés et plusieurs familles fabriquent de l'encens, il y en a donc partout qui sèche. C'est joli!

À l'extérieur, nous sommes allées visiter une pagode où jouaient des enfants, c'était super paisible! Ensuite, direction marché (qui était relativement gros). En fait pas mal gros. Du monde partout, une forte odeur de poisson, des chapeaux pointus à perte de vue, des fruits et légumes frais... Des marchés comme je les aime!

Au bord de l'eau, nous nous sommes faites aborder par 3 madames qui voulaient nous faire faire un tour de bateau. Ça a fini en engueulade générale parce qu'elles étaient fâchées les unes contre les autres. Nous sommes donc parties en nous bouchant les oreilles question de signifier que c'est très désagréable qu'elles se crient après à côté de nous. Ce geste a provoqué une frustration si intense à une de ces dames qu'elle est venue à nous pour nous dire de retourner à notre hôtel car il n'y aurait pas de bateau pour nous! De toute façon, c'est ce que nous avions décidé à travers les cris. Avec des hurlements en arrière plan, nous sommes parties marcher plus loin! Le soir, nous avons fait des réserves de fruits puisque nous quittions déjà le lendemain. Ayant déjà fait le tour de cette petite ville et étant pressées car 2 semaines de notre visa étaient déjà terminées, nous filons vers Hoi An !

Hoi An

Ici, on restera 1 journée 1/2, le temps de se faire faire des robes, de faire perdre des clients à un hôtel pourri, de rater My Son, de faire une promenade en bateau, de manger chez Monsieur Li, de traverser le pont couvert et de se perdre dans les petites rues de la vieille ville.

Hoi An, c'est juste parfait. C'est beau, c'est calme et c'est un des seuls endroits qui n'a pas été détruit par les Américains lors de la guerre. Il y a des maisons centenaires qui sont superbes!
Le hic, c'est qu'il y a pratiquement plus de blancs que de Vietnamiens et plus de restos à touristes que de stands dans la rue, de la musique à tous les coins de rue (tout est synchronisé pour que ça n'arrête jamais et que ce soit toujours les mêmes morceaux qui continuent lorsque l'on tourne un coin), etc. Bref, j'ai trouvé ça magnifique, mais ''fake''. Arrangé pour plaire et pas laissé à son charme naturel.

Pour s'en échapper un peu, il a fallu aller au marché (toujours aussi bruyant et odorant) et manger dans un des stands près du port (pour les traversiers de motos et bicyclettes... à côté d'un pont (!?!)). Elle est là la nourriture moins chère. Les restaurants ont chacun une table, ils sont tous allignés, servent tous la même chose, il sont tous habillés pareil, mais sont tous indépendants les uns des autres. Nous y avons goûté les spécialité de la ville (dont les crevettes dumplings (white roses) et les crêpes au riz) et nous avons charmé le serveur du resto de Monsieur Li qui a fini par nous offrir des bananes.

Nous avons fait une promenade en bateau avec un vieux papi sans dents, aux cheveux longs et blancs, la casquette de côté et le sourire plutôt particulier. Nous avons payé ce tour de rivière beaucoup trop cher, mais ça valait le personnage. Notre ''chauffeur'' n'arrêtait pas de sourire, d'envoyer la main à tous les touristes qui le prenaient en photo de d'autres bateaux en nous faisant signe qu'on avait gagné le jackpot! Nous étions fières de notre papi rameur de barque!

Nous nous sommes fait faire des robes puisque c'est la place pour le faire. 12$ et 1 heure plus tard, tu as une robe faite sur mesure... quoi de mieux ?

Notre seule grande déception de cette petite ville fut notre hôtel. À cause d'eux, nous avons raté notre tour à My Son (ruines dans la forêt qui sont à 50 km de la ville) à cause de la réception de notre hôtel merdique. En gros, la veille, nous achetons un billet de bus de nuit (couchette) pour le lendemain soir. En payant, Amélie laisse la clé sur le comptoire à côté du plateau à clé (oui, à côté, mais là, on n'est pas à quelques cm près!). En plus, c'est quelque chose qu'on ne fait jamais d'habitude! Quel oubli stupide! Nous nous en sommes voulues! Le soir, en revenant, la clé n'y est pas. Amélie demande à la dame qui dit qu'elle regardera le matin suivant. Le matin suivant, elle n'y est pas et l'homme le plus bête du monde vient me dire give key (il est 8h du matin et nous n'avons pas ''checker out''), je lui dis que nous ne l'avons pas. Il dit d'un ton ultra bête et avec un air de dégoût : You pay key 20$. Je lui demande de vérifier avant dans ses trucs. Il ne veut pas. Le hic, c'est qu'ici, quand tu vas à l'hôtel, ils prennent ton passeport et te le redonne quand tu paies et quittes ta chambre. Bref, il a nos passeports et refuse de nous les donner. Amélie s'énerve un peu. Un monsieur (gars de Saint-Hilaire qui vit aux États-Unis et qui est en voyage pour 2 ans (1 an de complété avec sa femme et ses 4 enfants 14 à 18 ans) avec qui j'avais sympathisé un peu plus tôt se lève et demande s'il y a un problème. Le gars de l'hôtel l'envoie presque promener en lui disant que ce n'était pas de ses affaires. Le monsieur dit qu'il se sent concerné car nous venons du même endroit. C'est terminé, le gars de l'hôtel devient méchant avec notre ''ami'' et lui explique en criant que nous avons bu hier et que nous avons perdu la clé car nous étions ivres (!!!). FAUX. Quel imbécile.

Je me fâche, je vais derrière le bureau chercher mon passeport, ils se mettent à trois pour me pousser, j'attrappe 3 passeports américains (oups pas les nôtres), je me fâche (j'ai l'air fou, mais je suis exaspérée). Bref, le monsieur demande ses passeports car il ne restera pas dans cet hôtel au service minable. De toute façon, si on se fie au personnel de l'enfroit, il n'est plus le bienvenue. Dehors, d'autres clients demandent ce qui se passe. Je leur explique. La petite Vietnamienne en veston de l'entrée vient me dire de me taire en me pointant son doigt à 2 cm du nez. Je lui dis d'arrêter en lui tassant (brusquement j'avoue) la main, elle me regarde, grogne et me frappe. Ça m'a fait plus rire qu'autre chose, mais ça a fait peur aux autres parce quelqu'un s'est interposé entre nous. Bref, je me rends un peu plus loin. Un autre monsieur veut prendre une chambre, je lui dis d'y penser deux fois car c'est un endroit moche, il me répond qu'il s'en doute parce qu'il a été au restaurant qui y est affilié et il a eu des problèmes. Il quitte et au même moment, la petite Vietnamienne me crie qu'elle me déteste. Oh well!

Avec tout ça, nous avons été obligées de payer pour avoir nos passeports, la police riant à la figure de la femme de notre monsieur Américain/Québécois qui a tenté d'aller chercher de l'aide.

En plus, nous avons manqué notre tour à My Son et j'ai eu peur toute la journée que l'hôtel ait appelé pour annuler la compagnie de bus qui devait venir nous chercher le soir même pour aller à Nha Trang. On m'avait rassuré en me disant qu'il n'y penseraient même pas et ... en effet, ils ne l'ont pas fait. Tous les Vientamiens qui ont eu vent de cette histoire se sont confondus en excuses et nous ont assuré qu'ils n'étaient pas tous aussi méchants. Cute!

Le soir venu, l'autobus couchette est venu nous chercher sous la pluie pour nous amener à Nha Trang.

Nha Trang

Nous sommes arrivées à 4 heures du matin après une nuit plutôt (très) moche. Freine, accélère, freine, tourne sec, klaxonne, etc. Évidement, quelqu'un nous attendait à la sortie du bus pour nous offrir une chambre. Heureusement, c'était une belle chambre avec wifi, eau chaude, bain, frigo, tout ce que vous voulez... et pour presque rien bien sûr! Nous nous sommes installées dans l'entrée en attendant 6h pour être certaines de ne payer qu'une nuit, alors que tous les autres ''recrutés'' étaient allés se coucher. Pendant ce temps, j'ai appelé mon papi pour son anniversaire!

La journée se résume en : achat de billet de train pour le lendemain ( ce n'est pas la saison sur la cote, il ne fait pas beau, il pleut souvent et... bof), marche, marche sur la plage, tentative de manger de la crème glacée, écriture, lecture, etc.

Dans le moche, il y a eu le bar à crème glacée. YARK. Toutes les saveurs goûtaient le durian... Fruit qu'il y a partout, qui pu le c***** et qui goûte tout aussi mauvais. Ça sent tellement fort ce fruit là que tu mets quelque chose à côté et il goûtera la même chose. Il semble que tous les touristes l'ont en horreur! Je comprends car je fait partie de ceux-ci!

La plage est belle, mais comme je disais pas à son meilleur. Les îles au large créent une belle vue... et voilà, ça se résume à ça pour moi!

dimanche 6 décembre 2009

Jour 37-38-39-40-41 : Le Nord-est vietnamien à moto et chez l'habitant!

*** À noter que je n'ai pas relu donc il va y avoir encore plus de fautes que quand je relis vite ahah! Je suis désolée... vous m'aimerez encore j'espère!!
Alors là! Toute une aventure. Je ne sais pas par où commencer ni terminer... C'est quelque chose qui se raconte mal car il fallait y être... C'est quelque chose qui se décrit mal parce que c'est trop beau et trop irréel... Et c'est quelque chose qui m'a marqué d'une manière si profonde que ça devient encore plus difficile à partager par écrit... car vous n'entendez pas mon intonation ou le débordement d'enthousiasme dans ma voix.

Voici ce que ça donne en GROS... parce qu'en détails, ça ne finirait jamais!

Nous sommes parties 5 jours et nous avons fait une boucle qui partait de Hanoï pour aller à Na Khan - Ba Be – Green Vietnam – Vu Linh – Hanoï. Les villages où nous sommes arrêtées ne figurent pas sur les cartes routières. Juste à cause de ça, j'aime déjà! Ce sont des habitants qui acceptent, pour une faible somme (nous nous en sommes vite rendu compte!) d'accueillir, de temps en temps des étrangers pour que ces derniers voient comment ils vivent. Les règles : que ce soit propre et qu'il n'y ait pas de toilettes squat (ça vraiment, je trouve ça moche de les obliger à construire une toilette... au moins le matériel leur est fourni!) Nous avons donc été 2 nuits chez l'habitant et 2 nuits dans des centres dont je parlerai plus bas.

Jour 1

Durant la première journée, nous (et notre guide Hop... oui oui, comme dans Allez hop!) avons fait beaucoup de route. 190 km au Vietnam, c'est long longtemps. Surtout que nous partions avec une vieille Minsk (moto russe) manuelle qui était (nous nous en rendrons compte bien vite) en très très moyen état. Une chance qu'Amélie sait manier le volant d'une moto à merveille et connaît le secret de la ''clutch'' (oui papa, on dit embrayage en français)!

Donc, 90km après être sortis d'Hanoï, nous voilà enfin dans un début de campagne. (Hop profite d'un arrêt pour féliciter Amélie sur son excellente conduite) Déjà là, j'observe une prédominance des vélos sur les motos. Ça fait du bien parce que nous avons la face noire et les poumons emboucanés. (C'est facile de comprendre pourquoi presque tout le monde se promène avec un masque anti poussière / pollution).

Nous sommes restées quand même sur des belles routes pas trop abîmées pour commencer. Comme le premier jour a surtout été une adaptation au trafic (en ville et en sortant), aux nombreux vélos moins rapides et plus zigzagants (une fois en campagne), au surpeuplement de buffles et de vaches de bord de routes... et aux poules qui se jettent devant les véhicules quand elles ont peur, nous étions juste contentes d'arriver chez les gens chez qui nous allions dormir : M. Lo et Mme Bon.

Mais avant l'arrivée, nous sommes arrêtés au marché d'un village et nous étions vraiment l'attraction principale. Les dames demandaient au guide de nous dire que nous étions belles, une femme a demandé à Amélie de s'approcher pour lui frotter les joues blanches qu'elles trouvaient siiiii belles (je l'ai sûrement mentionné, mais elles veulent toutes être le plus blanches possible), nous avons trouvé bien drôle l'expression d'Amélie quand elle a vu le kiosque de viande avec la tête de la vache qui y était vendue. Nous avons vu d'autres cochons se faire maltraiter (ils sont attachés vivants sur le dos, deux par deux derrière les motos (ou plus s'ils sont dans des cages) et quand ils les descendent, ils les laissent tomber parterre, ça fait un gros boom, Véro est triste et les cochons tremblent de peur!! BOU! Mais pour oublier la peine du cochon traumatisé, nous avons rencontré une mamie qui était si belle... jusqu'à ce qu'elle sourit pour nous montrer ses dents toutes noires. Nous avons vite appris à trouver les dents noires belles car jadis, c'était un signe de beaut. (Il faut mastiquer beaucoup de bétel pour y arriver)

Donc M. Lo et Mme Bon à Na Khan :

Ce gentil couple de jeunes grands-parents (leur petite fille de 4 ans à passer la soirée et la nuit avec nous) fait partie du peuple Tay (à ne pas confondre avec Thaï) qui vivent dans des maisons sur pilotis sur un étage. Tout est en bois sauf le toit qui est en feuilles de palmiers. Il s'agit d'une grande pièce où tout se passe, la cuisine en fond. Il y a même un endroit pour faire un feu en plein milieu de la maison... en bois. Il y avait 2 chambres sur le côté (sans porte, mais simplement des rideaux) et nous... bien nous avons fait dodo dans la pièce principale! C'était vraiment beau! La salle de bain par contre est dehors, à quelques mètres de la maison et quand il fait frais, c'est moyen, mais on s'en fout parce que c'est comme ça qu'ils vivent et nous voulions vivre comme eux!

Avant de passer du temps avec la famille, nous laissons M. Lo terminer ses briques (il en fabriquait avec son fils) et nous allons nous promener dans la forêt d'à côté. Nous y avons rencontré plusieurs personnes qui coupaient du bambou. 100 kilos pour 70 000 Dong (4$ environ). Une famille peut réussir à faire 400 kilos en une journée. Nous avons observé une petite fille et sa mère ''cueillir'' et couper le bambou à une vitesse impressionnante, le père le corder et le fils les apporter au chemin principal pour les vendre au gars qui l'achète en masse! Sans se comprendre, nous avons bien ris et Amélie et moi avons rapporté 4 grosses tiges de bambous dans le village. Nous nous trouvions bonnes (parce c'est lourd quand il n'est pas sec)... jusqu'à ce que la petite fille passe SEULE avec la même quantité sur les épaules. Ouin. Bon... pas si hot que ça les Québécoises!!

Le soir, après une douche au seau, nous avons mangé ensemble, tous assis à terre avec plein de plats au milieu et .... beaucoup trop d'alcool de riz. Parce que oui, les montagnards boivent BEAUCOUP d'alcool de riz (d'ailleurs, nous ne connaissons que quelques mots en vietnamien, mais nous savons trinquer!)

La nourriture était juste incroyable. Nous avons appris que Mme Bon était une excellente cuisinière qui avait gagné des concours dans sa région. Porc caramel, tarot (patates), tofu aux tomates, salade de champignons et poulet, etc. MIAM! Nous avons terminé ça par le dessert qui consistait en des racines cuites... ça goûtait les pommes de terre. C'était bon! Pour vrai!

Tout ça était merveilleux... mais TELLEMENT d'alcool de riz (que je trouve atrocement mauvais) et qu'il faut boire par politesse. Je n'en pouvais plus et j'étais saoule, mais bon. Coutume quand tu les tiens! (c'est d'ailleurs problématique puisque la nuit quand tu dois aller à la salle de bain et que tu dois descendre de ta maison en pilotis pour te rendre à la toilette en passant par-dessus des briques qui sèchent...l'alcool rend la tâche ardue!!) Au moins ça dégène quand personne ne parle la même langue et qu'on se fait des signes! C'était très drôle.

Jour 2

Nous avons déjeuné avec un Pho trop excellent de Mme Bon avant de faire nos adieux et de continuer vers Ba Be.

Le trajet n'était pas long, environ 3 heures, mais la route devenait par bout plus ''terreuse'' si je peux dire. Bref, c'était de plus en plus loin.

Il faisait froid et brumeux... alors nous n'avons pas vu grand chose. Ça rendait le paysage mystérieux. Mais en arrivant dans un village sur qui tombons-nous ? Pierre (le Marseillais) qui avait loué sa moto pour explorer seul le nord (bravo à lui!!). Coincidence moyenne puisque nous lui avions donné notre itinéraire... il ne savait juste pas s'il arriverait à se retrouver, mais coincidence trop synpathique car nous rions beaucoup ensemble. Nous passons donc l'après-midi en trio! Mais avant : dîner. Pour dîner, nous avons été dans la deuxième famille (Dong) qui nous accueillait. Même type de maison car ce sont des Tay aussi, mais eux, c'était avec une vue magnifique sur une rizière et le lac de Ba Be. Ils sont agriculteurs. Ils habitent à plusieurs dans la maison puisque les parents ont 3 enfants dont 2 sont mariés et habitent dans la maison familiale avec leurs propres épouses et enfants. Au Vietnam, la famille est très importante. En campagne, les grands-parents, parents et enfants habitent tous ensemble. Évidement, c'est l.'épouse qui vient habiter chez son mari. Toutefois, si une famille n'a que des filles, ils vont ''acheter'' un mari, c'est-à-dire payer sa famille pour que ce dernier vienne habiter chez eux et prenne leur nom de famille. Bref, beaucoup de monde.

Amélie et moi avons passé le temps de la préparation du repas dans la cuisine avec les femmes. Elles font tellement tout avec presqu'aucun outil! Et c'est siiiiiiiiii bon! Après le repas où nous avons réussi à ne pas boire trop d'alcool de riz, nous sommes allés au lac de Ba Be (avec Pierre) pour faire un tour de bateau puis une balade pour se rendre à des chutes. Nous avons beaucoup ris... mangé des bananes, bu du thé avec des paysans, regardé une madame habillée comme sur les cartes postales (oui oui ça existe car c'est leur habit traditionnel) faire des saucisses avec des intestins dans le fond d'une maison très sombre, nous avons chanté des chansons et bref, avous eu beaucoup de plaisir!

Cette soirée là, nous avons mangé les meilleurs rouleaux de la vie! C'était siiiiiiiiiiiiiii bon! Bu de l'alcool de riz, mais pas trop. Les femmes ne voulaient pas manger avec nous parce que les filles mangent dans la cuisines et les hommes dans la pièce principale... et elles ne concevaient pas que nous mangions dans la cuisine. Nous avons toutefois convaincu la mamie de venir avec nous et c'était très drôle!

Le lendemain, elles étaient toutes au travail très tôt, dans le champs au pied de la maison à faire la récolte qui est la dernière de la région. Après ils préparerons la terre pour la prochaine récolte puis 3 mois de congé (après plusieurs à travailler 20h par jour!).

Jour 3

Ba Be à Green Vietnam.

Cette route, quoique magnifique, n'était pas en très bon état. En fait, ce n'était pas une vraie route. Je m'explique. Pendant les guerres (contre les Américains et pour l'indépendance contre les Français), des routes dites stratégiques étaient construites pour permettre des déplacements. Toutefois, les guerres terminées, ces routes étaient toujours laissées à l'abandon. Il en reste donc que des morceaux qui rende les chemins difficilement pratiquables.

Difficile oui, mais pas impossible. Vive Amélie. Avec moi derrière c'était plus lourd et plus difficilement contrôlable. La moto s'est enlisée dans le sable 2 fois (chutes douces et très drôles) et une autre fois la route est devenue si mince (en plus dans une côte) que la roue avant est tombée dans un trou et hop une autre chute qui a été filmée par hasard parce que je faisais un vidéo démonstratif des mauvaises routes. Nous avons perdu de l'essence et avons taché nos vêtements... plein de sable partout, mais pas de mal!

Sur la route, nous sommes arrêtés dans un garage pour que hop achète un transformateur (qu'il n'a pas trouvé) et une dame qui y était nous a fait signe de rentrer dans son petit restaurant (on parle de deux tables) pour boire le thé qu'elle nous offraient. Encore une fois, nous nous sommes fait caresser les mains (blanches) pendant plusieurs minutes jusqu'à ce qu'elle décide de nous prendre dans ses bras, de nous caresser et ne plus nous lâcher. C'était vraiment mignon. Elle était si contente! Quand nous sommes repartis, elle nous a pris dans ses bras (ou plutôt l'inverse car nous étions beaucoup plus grandes qu'elle) pour ensuite nous regarder partir en envoyant la main... trop contente de cette demie-heure passée avec nous. C'était génial.

Après ce parcours difficile où nous avons vu des paysages de rizières magnifiques, rencontré des mécaniciens et une femmes trop sympathiques nous sommes arrivés à Green Village. Hop n'y était jamais allé, alors il nous a été difficile de trouver l'endroit et les routes étaient très mauvaises!

Nous sommes finalement arrivés dans un endroit visuellement paradisiaque. C'est un ex soldat américain qui est à la source de ce projet. Il a combattu (contre son gré) pendant la guerre du Vietnam et il a voulu faire sa part dans la reconstruction du pays qu'il avait aidé à détruire. C'est un un endroit où ils produisent des tonnes de sortes de fruits et légumes, du tofu, de la viande, du riz, de l'alcool... et le tout est organique!! Ce projet emploie quelques dizaines de personnes et les nourrit en même temps. Ils sont en train de construire des maisons (sur pilotis, mais très luxueuses) pour accueillir des touristes et leur faire découvrir cette région reculée où peut de gens viennent. Je pense que ce sera long parce que les routes pour s'y rendre sont très mauvaises, mais bon!

C'était donc magnifique, mais celui qui est le gérant de cet endroit m'était vraiment antipathique. Il voulait nous faire croire que tout sortait de sa tête, qu'il avait tout fait ça seul et que c'était son projet (alors que tout le monde autour sait que ce n'est pas le cas ... mais ne dit rien!) Il était super imbu et moi moi moi je suis siiiiiiiiii bon! Mais les autres étaient très gentils et attentionnés!

Il y avait des bébés chiens et chats partout et plein d'animaux de ferme. (J'ai d'ailleurs appris que les poules sont capable de voler assez haut pour aller dormir sur des branches d'arbre!!! J'ai pris des photos, parce que je ne croyais pas le poulet capable de ça!!

C'était un projet intéressant, mais côté humain, c'était moins agréable que ce que nous avions connu durant nos deux premières nuits. Toutefois, nous avons été témoins de toute la préparation du repas... du meurtre du poulet à son arrivée dans notre assiette. D'ailleurs, quand ils ont été à l'étape de vider le poulet de son intérieur, j'ai observé attentivement pour me rendre compte qu'ils ont sorti un oeuf du ventre! Ohhh ça m'a impressionné ahah! Bref, voir tout ça, c'était super le fun!

Jour 4

De Green Vietnam à Vu Linh

Cette journée là a définitivement été notre favorite du trajet. Premièrement, il faisait beau et chaud, deuxièment les gens nous envoyaient plus que jamais la main, troisièment, les paysages étaient sublimes et finalement, nous avons fait des rencontres géniales.

La route en tant que telle n'était pas facile par moment, mais quand même moins pourrie que la veille. Amélie a quand même eu à travailler fort dans des côtes très abruptes de certains chemins de terres plein de trous, elle nous a fait passer dans des petits cours d'eau, monté des collines en mauvais état, etc. Et tout cela dans un paysage de rizières, de verdure, de maisons en bois, de cours d'eau et d'enfants à vélo. (D'ailleurs ai-je mentionné que plusieurs jeunes filles se promènent à vélo avec un parapluie pour éviter de prendre du soleil ?). Lorsque nous nous sommes arrêtés pour admirer un paysage trop beau pour être vrai, une femme qui passait en mobilette s'est arrêtée à côté de nous en voyant mon regard émerveillé qui la regardait passer. Elle arrivait d'un mariage (tribu des Dzaos blancs... blancs pour la couleur de leurs pantalons) et elle était donc en habit traditionnel, toute colorée, pleine de superbes bijoux en argent et la bouche toute rouge de bétel. WOW! Elle m'a dit que je pouvais la prendre en photo! Après un petit échange de signes, elle m'a demandé si j'étais en mesure de faire sortir la photo directement de l'appareil pour qu'elle la voit. Ohhh j'étais si triste de lui dire que ça ne se pouvait pas!!!

Au même moment, dans la plaine, une femme en habit traditionnel aussi (mais pas de mariage donc tissu noir sur la tête et chemise noir avec broderie de couleur au centre) traverse un cours d'eau sur de petites branches servant de pont... Avec des rires d'enfants en arrière plan. Indescriptible. Si beau comme moment!

Arrivé à Vu Linh sur le bord du lac où les pêcheurs rament avec leurs pieds, nous admirons le paysage. C'est un grand lac avec des immenses filets de pêcheurs de poissons installés un peu partout, des canots de pêcheurs de crevettes et des petits îlots éparpillés à la grandeur de l'étendue d'eau.

Ici, nous habitons dans un hôtel-projet où ce ne sont que des jeunes du villages qui travaillent et qui, en même temps, reçoivent des cours d'anglais. Ils sont si mignons à essayer de nous parler et à s'entre-aider à nous comprendre! Une langue c'est long à apprendre, mais c'est possible (j'en suis un bon exemple ahah!)

Le soir, une de leurs amies du village se marie avec un autre de leurs amis. OUH LALA, nous sommes invitées avec deux autres françaises (dont une qui vit à Hanoï et qui avait décidé d'aller visiter l'endroit après en avoir entendu parlé). AYOYE. Nous avons mangé, bu, crié et donc participé à ce mariage tout en couleur d'un couple de jeunes (très jeunes Dzaos blancs toujours). Alors que tout le monde mangeait assis à terre autour d'immenses assiettes pleines de tout plein de merveilleux petits plats (dont la découverte d'Amélie : le boeuf cuit dans du sang!)+(vive le pâté vietnamien avec de la sauce soya) et buvait à l'infini de l'alcool de riz, la mariée et ses deux filles d'honneur étaient assises dans un coin reculé de la maison à recevoir une à une les félicitations des invités. BORING! Assises en indien, les trois jeunes femmes vêtues d'habits traditionnels dont j'ai parlé plus haut, allaient passer 2 jours dans ce petits coin!!!!

Dans un autre coin (celui qui est devenu mon coin favori), les mères, grandes-mères et arrières grands-mères aux dents noires qui boivent du thé en chiquant du bétel. Je me suis d'ailleurs fait préparer le petit mélange à mastiquer... racine, feuilles, tabac... J'ai eu la bouche rouge toute la soirée! C'est un goût horrible et tu ne dois pas avaler, donc je crachais sans cesse dans le crachoir (dont j'ai renversé une bonne partie à terre en voulant prendre une photo... ok, niaiseux, mais l'alcool de riz avait fait effet!) Qu'est-ce qu'on ne peut pas faire pour s'intégrer!!

(En passant, boire de l'alcool de riz c'est une expérience! On doit d'abord encourager tout le monde à boire en même temps (ça sonne comme Aï Ba Yo!) pour ensuite trinquer (chukcheqoué (je dis ça au son!!)) pour finir avec un autre mot que je ne saurais qui finit en OU et qui veut dire que tu remercies l'autre d'avoir vu avec toi! Alors quand tu es 10 à boire, bien tu sers la main à 10 personnes après!)

La soirée a été géniale, mais bruyante et certains garçons étaient ''colleux'', mais comprenaient le non après qu'il ait été dit 4 fois, donc ce n'était pas siiiiii pire :)

Le retour vers notre lit a été un peu long car nous n'avions que la lune pour nous éclairer dans des chemins très terreux, inégaux et parfois plein d'eau!

Jour 5

Retour vers Hanoï! Une LONGUE journée ou nous avons eu mal aux fesses comme jamais! Le divertissement agréable de la journée de route (comme tous les jours du voyage ) était de crier des ''Hello'' (Amélie) et à envoyer la main (moi) en réponse à tous les enfants, adolescents et adultes qui nous saluaient. Wow.

Ah oui! Et c'est cette journée là que nous nous sommes lancées : Nous avons mangé du chien! Oui oui, nous sommes au Vietnam, et bien il faut faire comme lesVietnamiens! Voilà c'est fait et ... c'est bon!
Bref... une ''voyage'' dans un voyage où nous avons eu la chance de se rapprocher de la culture vietnamienne... celle des paysans du moins! Nous avons pénétré dans leurs vies le temps d'une journée ou d'une soirée, nous avons vu la vie différement et nous en sommes extrêmement contentes! C'était juste génial. En plus, nous avons appris des trucs aussi étranges que : les buffles ont peur de nous car, selon les Vietnamiens, nous sentons le tigre!!! Ça ce serait causé par le fait que l'on mange plus de viande qu'eux. Et nous avons vu énormément de femmes travailler et d'hommes regarder... mais bon, je ne jugerai pas car je ne sais pas si c'est le hasard!! :P

Retour en ville avec accrochage, nous avons frappé une roue de vélo (à 10km/h) et un bus, par conséquent) à freiner en nous touchant la roue. Rien de grave. Le frein de notre moto à péter et le moteur s'est mis à faire de la fumée ... mais nous sommes arrivées saines et sauves, juste à temps pour aller prendre notre train de nuit vers Hué sur la côte.

À côté de la gare, nous avons manger des hamburgers au Lotteria (leur McDo) ... il fallait bien essayer. C'était mauvais, le poulet étrange, mais les frites correctes!

Nous arrivons dans notre cabine de train (soft sleeper nous avions pris)... et qui ne s'y trouve pas ? Un hasard extraordinaire fait que ce sont un couple de Québécois de Prévos qui ont 72 ans, qui sont en voyage pendant 4 mois ½ et qui connaissent le défun mari de la soeur de mon grand-père (!!!). Ils étaient trop géniaux et aventuriers. J'adore... C'était très agréable. Je suis contente que nous soyions tombées sur eux. À travers tous les Vietnamiens et autres voyageurs, nous avions les meilleurs partener de cabines :) Ils étaient siiiiiiiiiiiiiii cuuuuuuutes! Amour de moi instantané pour eux!

Dodo! (vive les sleeper mous!)









dimanche 29 novembre 2009

Jour 34-35-36 : Re-Hanoï

Le lendemain : retour à Hanoï avec le couple et le Marseillais. Il s'est remis à faire plus chaud et ensoleillé. Très agréable.

Le retour s'est fait en trois parties : bus / bateau / bus. Mais tout était lié car c'est la même compagnie qui nous fait faire tous les bouts du trajet. Nous arrivons tous à Haiphong pour prendre le dernier bus. Le gars nous dit que nous partons dans 35 minutes, à d'autres, dans 15. Bof, Pierre décide d'aller s'acheter un petit quelque chose à manger vite fait. Le chauffeur entre 2 minutes après et démarre. Il recule. Amélie lui fait signe d'attendre. Il ne veut pas puisque c'est l'heure (pas selon ce qu'on nous a dit, mais bon). Je me lève, je vais près de lui et je dis 2 minutes, ami : toilettes (parle pas anglais le gars, alors je dis des mots clés). Il n'arrête pas. Adrien sort en courant pour aller chercher Pierre (il sait où il est). Le chauffeur continue d'avancer. Stéphanie se fâche, elle parle avec le conducteur pendant que je saute de l'autobus pour aller voir plus loin s'ils y sont... je remonte... je bloque tous les passagers qui veulent monter pour faire chier le chauffeur. Adrien arrive, il saute dans le bus et dit je ne l'ai pas trouvé, c'est fini, on est rendu trop loin de la station, il ne nous trouvera pas. Stéphanie le pousse pour qu'il reste dans le cadre de porte avec moi... et comble de la chance... le chauffeur prenait au passage son vendeur de billets (ils sont toujours 2, le chauffeur et le ticket man)... alors on ne le laisse pas rentrer. Il se fâche, se met à crier, pousse Adrien, je lui dis WOW... Et ENFIN... Nous voyons Pierre au loin qui court (il a des grandes jambes, une chance)... Nous lui crions de se grouiller... Et hop, il saute dans le bus... Retour tranquille vers nos sièges, comme si de rien n'était... le gars des billets rentre et continue son travail, lui aussi, comme si rien ne s'était passé. Ouf.

Arrivés à Hanoï, retour dans le vieux quartier pour dormir dans une auberge moins chère cette fois. Nous avons été au marché de nuit, avons vu des spectacles de musique / danse de rue et avons bu les meilleurs jus pressés au monde (ok pas au monde, mais très bons!)... Dodo mérité!

Ah et ce soir, j'ai découvert (ou plutôt on m'a fait découvrir) le facebook version ''lite'' qui est un facebook allégé! On peut voir les messages et en écrire (Inbox), mais pas mettre de photos, devenir ami avec des gens ou mettre à jour notre statut... Du moins, on peut y accéder! Joie!

Dès le lendemain, nous retrouvons le Hanoï bruyant, parfois puant, où les écoliers circulent à vélo dans le trafic insupportable, où les bébés sont assis sur les genoux de leurs parents (ou dans des mini sièges derrière le volant) qui conduisent leur moto, les habitants brûlent leurs vidanges dans la rue en face de chez eux, où il est impossible de marcher sur les trottoirs parce que trop de motos y sont stationnées ou parce que les restaurants de rue monopolisent tous les coins possible (heureusement, le fait qu'ils nous nourrissent à faible coût nous fait les aimer d'amour!)... Ville où personne ne semble comprendre l'anglais, mais où les ''english students'' veulent te parler pour te demander de faire un don pour les aveugles et que, quand le montant proposé ne leur plaît pas, ils te regardent avec un air de dégoût qui te donne envie de les envoyer chier... Non, non, il faut rester calme. Rester calme aussi avec tous ceux qui veulent te vendre de la soie où quelque chose fait en soie, avec les petites madames aux chapeaux pointus qui portent des marchandises sur leurs épaules (système de balance... un morceau de bois avec des paniers qui pendent à chaque bout) et qui te mette leur truc sur les épaules pour te forcer à les prendre en photo et ensuite te demander 1$ (Amélie a une face trop gentille, elles s'essaient souvent sur elle!!). Il faut rester patientes aussi avec tous les chauffeurs de moto qui veulent te servir de taxi (pratique courante ici, à la sortie des autobus, ils se jettent sur les passagers pour leur offrir leurs services, mais ils sont BEAUCOUP plus insistants avec les touristes bien sûr!). Patience avec les énormes bouts de gras ou de peau (trop nombreux) dans les plats qu'on nous sert... et qui donnent mal aux dents tellement ils sont difficiles à mastiquer. Patience avec la manière si douce et agréable qu'ont les Vietnamiens du coin de te demander quelque chose... quelques petites tapes brusques sur le bras avec un bruit de personne frustrée. Et finalement, patience pour traverser les rues... le bordel total qui te fait réaliser que chaque fois que tu veux te rendre sur un autre trottoir, tu dois risquer ta vie parce que personne ne veut te laisser passer et personne ne regarde où il va. Tu fermes les yeux (moi) tu prends le bras de l'autre (Amé) et tu espères que les motos te contourneront, comme si tu étais Moïse et que tu séparais la mer Rouge. (I wish).

Nous avons profité de nos deux jours avant le départ pour le trek à moto pour aller à Van Phuc (village de producteurs de soie à côté de Hanoï). C'était sympathique quoique étrange puisque leurs produits ne sont pas très jolis et très coûteux!... les tissus utilisés sont simplement... pas mon genre (laid serait peut-être exagéré!) La partie la plus amusante de cette petite expédition, c'est l'allée et le retour en bus de la ville. Pour y aller, nous sommes rendues à la station d'autobus pour prendre le numéro 1 dont il était question dans le guide... Il y a deux côtés à la station. Nous sommes allées du côté nord puisque nous allions ensuite à l'ouest... Pour se rendre compte après un certain temps qu'il n'y avait pas réellement 2 côtés, mais plutôt un débarquadère et un embarcadère... Oups. Les gens nous ont sûrement trouvé un peu beaucoup niaiseuses. Et le retour! Mauvais bus... la banlieue de Hanoï c'est assez ordinaire.

Nous sommes retournés à plusieurs reprises (avec Pierre le Marseillais) au resto de jus au coin d'une rue pas loin de notre auberge (à côté d'une vieille dame vendeuse de chandails qui, une fois sa journée terminée, accroche ses paquets non vendus à une canne à pêche qui les hisse jusque sur son balcon qui se trouve juste au-dessus de son point de vente!) puisqu'on se sentait ''re-vitaminé'' à chaque fois. Et quoi de mieux que de jaser assis sur des petits bancs en plastique en plein milieu du troittoir ?

Nous avons été reserver notre billet de train pour Hué que nous prendrons directement en arrivant du trek (les jours passent!). Nous avons visité le temple de la littérature (première université nationale constuite en 1076)... havre de paix où des pierres tombales aux pieds en forme de tortues représentent les meilleurs élèves qui y sont passés.

La pagode à un seul pillier (reconstituée parce que les Français dans leur rage de fin de colonie ont détruit ladite pagode avant de quitter le pays).

La Mausolée de Ho Chin Minh qui est gardée de tous les côtés par des gardes de l'armée. En avant de celle-ci, c'est un véritable gymnase à ciel ouvert! Un immense terrain où des dizaines de Vietnamiens de tous les âges font leur exercice devant un autre terrain immense de gazon qui est arrosé sans cesse par des dizaines de jets d'eau (oh la la le gaspillage!!)

Bref, nous nous sommes promenées de tous les côtés!!

lundi 23 novembre 2009

Jour 31-32-33 : la merveilleuse Baie d'Halong

La météo annonce du mauvais temps pour la semaine à venir. Il faut donc arrêter d'attendre le soleil parce que sinon nous allons passer le mois à Hanoï. Direction : Baie d'Halong. La plupart des touristes font des tours organisés à partir de Hanoï, mais nous avons préféré se rentre là-bas par nous-mêmes et voir ce qui en était. Nous avons donc pris un bus – bateau – bus qui nous amèneraient à l'île de Cat Ba. Un trajet d'environ 4h1/2. Pas très long.

Arrivées là-bas, nous avions très faim donc dès que nous avons trouvé notre hôtel (super beau, grand, télé câblée, frigo, eau chaude... donc plus que ce que nous voulions pour 3$ chacune!), nous nous sommes arrêtées pour manger une autre soupe ... avec des rouleaux impériaux cette fois-ci. En discutant des possibilités pour visiter la Baie et les environs de celle-ci (ce sont plusieurs baies en fait), un français qui était à quelques tables de nous vient nous voir, se présente (il a l'air très sympathique) et nous explique quelque chose de très intéressant. Lui, sa copine et 4 autres français rencontrés sur place sont allés prendre un verre la veille dans un bar de la ville de Cat Ba Town et y ont rencontré un Vietnamien qui est allé faire son diplôme en génie civile en Bretagne. Lien instantanné ils sont tous Bretons sauf un qui est Marseillais. Parle parle jase jase, ils demandent à Tuan (le Vietnamien) s'il connaîtrait une façon de faire la Baie hors des sentiers battus question de voir le moins de touristes possible. Tuan leur dit qu'il peut regarder pour louer un bateau, voir ça coûte combien et tout. Le lendemain, il leur dit louer le bateau au complet, c'est 250$ pour 2 jours et ils nous amènent où l'on veut. Amélie et moi, on embarque. À 8 (nous ne voulions pas que Tuan paie, mais il s'est arrangé pour nous rendre la pareil en nous offrant à dîner à tous!) ça revenait à environ 30$ par personne. Avec la nourriture, des petits bateaux, taxis, prix d'entrée dans une grotte, etc, max 40$. C'est merveilleux parce qu'avec un tour c'est environ 50$, avec plein de monde et un tour très standard.

Image : Benoît, Mathieu et Jonathan : Bretons voyageant ensemble à vélo au Vietnam. Le premier possède un restaurant et les deux autres sont ''cuistos'' (comme ils disent) dans celui-ci.
Stéphanie et Adrien : un couple de jeunes Bretons voyageurs qui ont fait un petit tour du monde en 7 mois (ils étaient dans leur dernier).
Pierre : Marseillais, drôle, partit pour un voyage d'une longueur indéterminée.

Nous partons donc à 7h30 le matin après un petit déjeuner au pain et oeufs sur le bord de la rue. Après 2 heures de navigation, le soleil se pointe le nez, mais il fait quand même froid. Amélie et moi, on met un sac de couchage comme couverture. Ils ont tous bien ris des Québécoises qui ont froid, alors qu'elles habitent dans un pays de glace dans des igloos :)

Le paysage était magnifique. De l'eau à perte de vue avec des petits ilôts un peu partout. Après encore quelques heures, nous nous arrêtons devant une de ces îles. Le plan ? Passer par une petite grotte pour aller à l'intérieur... car ce sont en fait des rochers qui abritent un lac (avec des poissons volants!!!!!). Nous sommes obligés d'attendre un peu parce que la marée est trop haute. Une fois qu'elle est plus basse, nous montons tous dans un petit bateau en bois avec un petit moteur pour s'y rendre. Vu comme ça, pas sûr qu'on passe. Le ''capitaine'' y va quand même. Couchés à plat ventre, on croise les doigts. Ça passe juste et après un noir total où je ne sais comment on réussit à éviter les stalagtites, la lumière apparaît au bout et on ressort sur un lac à l'abri du vent où il y a deux bateaux de pêcheurs!!! Il y a trois entrées pour y aller. Nous passons dans un autre passage qui lui est si juste que tout le monde lâche un ohhhh et se rentre la tête dans le bateau et se colle vers le milieu (on est à plate ventre, ne l'oublions pas) pour être sûr de passer car le ''plafond'' des côtés est trop bas, il touche presque le bateau... nos corps seraient de trop. Il nous restait une dizaine de centimètres de jeu. Très drôle.... mais inquiétant sur le moment.

Une aventure génial (mais courte) qui se finit par une partie du petit bateau qui casse et Amélie qui se ramasse dans ce qu'on pourrait appeler la cale. Pas de blessure ni de ''mouillage''. Fiou.

Après, les garçons se sont baignés. L'eau était très chaude, mais la température extérieure était si froide, avec le vent en plus que les filles nous sommes restées sur le bateau à les regarder. Ça ne sèche pas aussi vite des cheveux longs!

Après nous avons navigué encore un certain temps et là, seulement là et dans la grotte qui suit, nous avons vu d'autres touristes. Il fallait bien les croiser à un moment donné! Du toît de notre super bateau, nous les avons salué! Les gars avaient déjà beaucoup bu (ils boivent pas à moitié c'est Français :P), nous avons parlé, lu, profité du soleil pour se réchauffer. C'était trop bien. Entre ces périodes ''sociales'' ou de repos, nous avons visité une autre grotte, celle-là aménagée pour les touristes, qui était IMMENSE! Fou! C'était étrangement pas humide... mais bon, c'était magnifique.

Le soir venu, nous avons regardé le coucher de soleil avant de jeter l'ancre dans une petite baie à l'abri du vent. Juste avant de bien ''s'ancrer'', nous sommes arrêtés dans un village flottant où les garçons ont joué au billard avec les habitants de la place. C'était chou. Ils ont tous leur bateau, ils se promènent comme bon leur semble, les enfants se font ramasser par des bateaux bus pour aller à l'école sur l'île de Cat Ba, mais les trajets sont longs. (Ils n'ont de l'école que le matin ou l'après-midi, au choix des parents)

Bref, c'est près d'un village flottant que nous avons passé la nuit. La soirée a été très plaisante!! Nous avons mangé, fait la fête (le Marseillais a été malade et ne se souvient de rien!!!), écouté de la musique et fait dodo. Vive les sacs de couchage chauds... et les bouchons puisqu'il y avait un gros ronfleur. D'ailleurs, en plein milieu de la nuit, quand plus personne (sauf moi et mes bouchons) dormait, Mathieu a lancé très fort... Non, mais Jo tu ronfles comme un gros porc, on n'en peut plus!

Le lendemain, le bateau a commencé à naviguer quand nous dormions tous encore à 5hres du matin... il faisait encore nuit. C'était pour se rendre sur l'île de Quan Lan qui est plus au nord et où Tuan projette de construire un hôtel pour touristes... mais surtout des touristes vietnamiens. Il a fait très mauvais cette journée là : brumeux, venteux et très froid. Heureusement, la veille avait été magnifique et ensoleillée quoique fraîche!

Nous sommes débarqués au bout de l'île Quan Lan et nous l'avons traversé pour aller d'une plage à l'autre et pour que Tuan nous expose son projet. Très bonne idée qu'il a eu lui! Les plages sont magnifiques. Les gens sont très chaleureux sur les îles. Très différents d'Hanoï!

Le retour a été long puisque nous étions quand même rendus loin. Nous avons donc navigué durant 5 heures pour revenir. Le paysage était le même, mais dans le plus mystérieux étant donné la brume. Les vagues étaient plus fortes et les bateaux de pêcheurs moins nombreux. Il faisait si brumeux qu'en rentrant au port, notre bateau a foncé dans dans une petite barque. Il n'y a pas eu de blessés, mais tout le monde a eu bien peur! Et les passagers de la barque n'étaient pas contents!! On comprend pourquoi!

Vers 17h30, nous sommes arrivés à bon port. Plein de mobilettes sont venues nous chercher puisque c'est la deuxième sorte de taxi (non officiel) la plus utilisée ici. Trois par trois, nous sommes revenus à l'hôtel de Tuan. Quatre dollars la nuit, eau chaude, Internet et plaisir gratuit!

Nous sommes tous sortis souper ensemble pour notre dernière soirée ensemble. Les 3 amis Bretons se sont payés un ''casque'', qui est une sorte de bibitte marine avec une ÉNORME carapace. On dirait que ça sort de la préhistoire. C'est effrayant. Je n'avais jamais vu ça. Mais c'est bon! C'est cher le kilo par contre. Amé et moi, nous avons pris un hot pot aux crevettes. Ils mangent beaucoup de hot pot ici... Chaudron d'eau bouillante sur un mini poêle qui le garde chaud dans lequel tu rajoute les trucs que tu vas manger. Dans le fond une espèce de fondue. C'est spéciale. Pas génial, mais à essayer... Le moins le fun par contre, c'est qu'ils te donnent les crevettes vivantes et c'est toi qui doit les tuer en les ébouillantant! Horrible.

Le soir, en revenant à l'hôtel, nous avons fait un face à face avec une coquerelle... Amélie a demandé aux trois Bretons s'ils étaient courageux. Euh non. (Ils ont au moins le mérite d'être honnête ahah!) Mais tout de même, après que j'ai tué le cafard (car coquerelle en France on ne connaît pas!)... Benoît l'a ramassé. Merci bien.
Nous avons été chanceux d'être en mesure de faire ce trajet sans faire la queue avec les autres navires et en voyant des choses que le touriste normal (si je peux dire) ne voit pas. C'est différent, ça fait du bien. En plus, le tout avec une gang super de Français trop drôles et sympathiques avec qui ont a beaucoup comparé les Québécois et la France. Ils sont d'ailleurs repartis avec des expressions bien de chez nous.

vendredi 20 novembre 2009

Jours 28-29-30 : Arrivée au Vietnam! Hanoï

Après une nuit à l'aéroport de Kuala couchées parterre avec nos sacs de couchage (encore une fois... à bas l'air climatisé... et les chats errants qui se rendent là je sais pas trop comment et qui font siiiii pitié que c'est triste!) nous débarquons à Hanoï. Nous voilà au Vietnam. Après être allées à l'ambassade du Vietnam à Singapore pour nous faire demander un prix de fou pour un visa, nous avions pris la chance de procéder par Internet. Très bien fait! C'est génial ce truc. Tu t'inscris en ligne sur un site qui, pour une petite somme, fais une demande de visa pour toi. Le lendemain, tu reçois une lettre disant qu'ils ont reçu ta demande et le surlendemain, une lettre d'invitation avec un tampon officiel. Tu imprimes ça, tu te rends à l'aéroport, tu le montres en enregistrant tes bagages (sinon tu ne peux pas monter dans l'avion) et en arrivant, tu vas au bureau ''visa on arrival'' où tu présentes la lettre, 25$ US (le prix du visa) et deux photos grandeur passeport et voilà, tu as ton visa! À l'ambassage directement ils te disent que ce n'est pas fiable, qu'il ne faut pas le faire, mais TOUT est organisé à la douane pour ce genre de procédé... c'est une ligne à part! C'est PARFAIT pour les gens ''pressés'' et qui ne veulent pas payer un prix de fou ou qui ne peuvent se déplacer pour aller le chercher dans une ambassage. Joie.


Donc à Hanoï, on gèle. Le changement de température est marqué. Nous avons perdu 25 degrés! Il ne fait pas beau. Tout le monde nous dit que le mois de décembre est arrivé plus tôt que d'habitude cette année. Bou. En plus, on re-rentre dans du trafic plein de chauffeurs fous qui klaxonnent toujours pour rien et tout le temps... comme nous les avions connus en Indonésie (surtout notre chauffeur entre Probolinggo et Yogyakarta!). Entre l'aéroport et le vieux Hanoï, nous avons pris un bus à 35 000 Dong chaque (1$CAN = 18 000D en ce moment). Arrivées à notre destination, on nous demande 350 000 D, moi de dire non, c'est 35 000 chaque que vous nous avez dit. Il dit ok ok. On lui avait donné un 500 000 (vive les guichets qui donnent juste des grosses coupures!) Il nous redonne 300 000D avec sa petite face de voleur aux dents pourries et range son argent. Je lui dis il en manque, il me donne un autre 50 000D et je lui dis que ça fera, tant pis et dans sa main, je tire sur le 500 000D. (De toute beauté). Il comprend que je suis sérieuse et me redonne le compte exact. Ça commence bien!

Nous commençons à marcher dans un coin où tout semble cher, nous optons donc pour une auberge de jeunesse en dortoir. Bruyante cette auberge... c'est fou. Impossible de dormir, mais c'est si joli! Facebook ne fonctionne pas d'ailleurs ... et pour tous les voyageurs rencontrés. Je ne sais pas si c'est temporaire ou toujours bloqué, mais bon, pas de nouvelles photos pour le moment!

Première impression : les gens crient tout le temps, ne sont pas particulièrement sympathiques (ici en du moins), ils ne parlent que très peu ou pas anglais, ils te font payer le double (minimum) que ce qu'ils font payer au Vietnamiens quand tu achètes quelque chose où quand tu manges dans la rue, la circulation est encore plus folle que tout ce que nous avons vu depuis le début du voyage, la signalisation c'est optionnel. C'est tellement dangereux c'est incroyable. Ça m'a pris 2 jours à arriver à regarder en traversant (Amélie me tirait). N'étant pas capable de tourner la tête, j'ai l'impression que je vais rater une moto qui arrive et me faire frapper. Hallucinant. (Max t'avais raison... et il paraît que c'est pire à HCMC).

Tout le monde mange toujours de la soupe qui s'appelle : Pho. C'est bon je dois dire, même pour quelqu'un comme moi qui ne raffole pas de la soupe! Ils mangent beaucoup de tofu et de vermicelles de riz avec de la sauce soya... ça c'est génial pour moi! Disons que nous préférons la nourriture vietnamienne à celle de l'Indonésie... et de loin!

Nous avons pas mal visité d'endroits ici. Beaucoup de marche. Il y a un lac à côté de où nous habitons où il est supposé avoir des tortues géantes. On ne les voit que très rarement par contre. La dernière à avoir été vue c'est en 2007 et avant ça en 2000. Ils ont retrouvé une tortue morte qui pesait 250 kilos et qui mesurait 2 mètres de long et 1.2 de large. Wow.

Ça fait du bien le lac parce que Hanoï c'est très pollué, pas très propre et il y a tellement de monde, qu'il est pratiquement impossible de marcher sur les trottoirs. Soit ce sont des motos stationnées qui bloquent, soit des gens assis partout en train de manger (ça des fois, on en fait parti!). Nous avons aussi eu un peu de calme en allant au musée prison de la ville. Une prison construite par les Français pour la détention de rebelles vietnamiens. Pas jojo je vous dis. Ils ont réutilisé la prison pendant la guerre du Vietnam pour détenir les pilotes d'avions Américains dont les appareils ont été touchés. Ils ont même des photos de John McCain quand il a été repêché à la mer après que son avion ait coulé. Selon des documents, des photos et des vidéos de l'époque, les prisonniers américains étaient bien traités comparé à ce qui aurait pu être!

Ah oui! Et un soir, nous sommes allées dans un resto en espérant se réchauffer (finalement il était dehors, mais bon...) et nous avons pris des soupes pour se réchauffer. Celle d'Amélie était très bonne, mais la mienne... Je croyais avoir pris une soupe au poulet, mais en fait c'était un bouillon avec de la peau (épaisse) et du gras de poulet. Hum. Ouin. Et à côté de nous, des Japonais qui mangeaient des plats qui avaient l'air si bons (et si chers!).... Dont deux immenses crabes! Et ils avaient tellement de choses à manger qu'ils nous en ont donné un!!! C'était trop drôle! Ils étaient saouls un peu, mais bon, nous avons hérité d'un crabe! Miam! Et le surlendemain, nous sommes allées dans un restaurant de serpent. Nous avons mangé du serpent préparé de différentes manières et bu du vin de serpent. C'était spécial. La partie que j'ai détesté par contre, c'est lorsqu'ils ont fait tuer trois serpents par des visiteurs. Ils les coupent sur le ventre quand ils sont encore vivants et ils leur arrachent le coeur puis les intestins. Yark. Violence gratuite. Je n'ai pas du tout aimé.

Il y a une journée où nous avons tenté d'aller au marché. Difficile. Impossible de circuler. Nous avons donc préféré en sortir (après avoir acheté des bonbons pas bons) et se promener sur les rues avoisinantes où il y a plein d'autres petits marchands. Ils vendent beaucoup de baguettes de pain (on peut dire merci aux colons français pour ça...) et de fruits de mer! Nous avons vu une madame qui arrachait les pattes et la carapace des crabes quand ils étaient encore vivants!!!! Ohhhh!

Hanoï c'est donc chaotique, gris pendant que nous y sommes passées, du monde partout, sale par endroit (comme n'importe où dans le fond!). Tous les voyageurs disent que c'est très moche, mais moi j'ai aimé y passer quelques jours. C'est une expérience!